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Mise en marche du LHC: enfin!

Dimanche 9 août 2009
Par Michel Trottier-McDonald

conduit principal du LHCAprès la tentative infructueuse de démarrer le LHC de septembre dernier, la plus grande machine du monde est finalement prête à démarrer pour de bon. Rappelons que l’an dernier, des protons ont été introduits dans l’accélérateur avec succès. Le LHC était capable de garder les protons sur la trajectoire circulaire, démontrant que le système de lentilles magnétiques est opérationnel. Le fameux incident s’est produit lorsqu’on a tenté d’accélérer les protons dans le LHC. Une connexion entre deux aimants supraconducteurs a grillé, dégageant un excès de chaleur près des conduits d’hélium liquide. Le résultat final étant une fuite d’hélium liquide dans le tunnel, et une onde pression qui a carrément déraciné les aimants voisins de leur base de béton. Les dommages étaient considérables. Plusieurs aimants ont du être refroidis, ramenés à la surface, réparés et réintroduits dans le tunnel. De plus, un système de sécurité a été implémenté pour que ce genre de situation ne se reproduise plus.

Il est planifié depuis un certain temps que le LHC redémarrera cet automne. Plus précisément, on planifie de réinjecter des protons à la mi-novembre. Les premières collisions seront effectuées à l’énergie d’injection. Quelques semaines après cette étape cruciale, le LHC devrait accélérer les deux faisceaux tournant en sens opposé à 3.5 TeV (téraélectron-volts) chacun, pour une énergie de collision de 7 TeV. Ceci constitue la moitié de l’énergie pour laquelle le LHC est conçu. Le détecteur ATLAS sera prêt à enregistrer ses premières données. Après avoir accumulé la quantité souhaitée de données à cette énergie, l’accélérateur montera jusqu’à 5 TeV par faisceau, et tentera ses premières collisions avec des ions de plomb au lieu des protons. Le LHC arrêtera ensuite ses opérations pour une période indéterminée, durant laquelle on préparera l’accélérateur à fonctionner à pleine capacité.

Rappelons que même si le LHC ne fonctionnera qu’à 7 TeV cet automne, ce sera tout de même la plus haute énergie jamais atteinte par une accélérateur de particules. Certains chercheurs s’attendent à y voir des signatures intéressantes. Il y a possibilité d’observer la signature du boson de Higgs ou de particules supersymétriques. Mais encore plus important, fonctionner à une plus basse énergie nous permettra de mieux comprendre l’accélérateur et les différents détecteurs. Cette compréhension est essentielle à toute découverte qui sera faite au LHC.

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